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Le
Contrôle des machines à traire
13/11/01
Un outil
qui peut être source de problèmes…
Un bon réglage et un entretien rigoureux de la machine à
traire sont indispensables pour assurer une bonne traite.
Chaque année, environ un tiers seulement des éleveurs font
vérifier leur installation de traite par des agents
techniques agréés. Or il s’avère que les dysfonctionnements
sont nombreux Le point avec Serge Albinet, contrôleur
machine à traire à la Maison de l’Elevage du Tarn
" Une machine à traire doit permettre d’assurer une
traite complète, efficace, de qualité et un lavage adapté "
explique Serge Albinet, contrôleur machine à traire à la
Maison de l’Elevage du Tarn. " De trop nombreux problèmes
sanitaires et de qualité du lait ont pour origine des
machines à traire mal conçues, mal réglées ou mal
utilisées... "
Les anomalies de fonctionnement de la machine à traire
agissent inévitablement sur la santé de la mamelle et sur la
qualité du lait. On peut distinguer deux types d’anomalies :
les défauts de réglage de la machine et les problèmes liés à
l’entretien de la machine.
Les défauts de réglage de la machine et les conséquences :
è Un niveau de vide
mal adapté et une anomalie au niveau de la pulsation sont
traumatisants pour la mamelle de la vache ; ils provoquent
une inversion du sphincter, la congestion des tissus des
trayons et des micro hémorragies,
è Une pompe à vide
n’ayant pas un débit suffisant ou des fuites anormales sur
l’installation entraîne une diminution ou une insuffisance
de la réserve réelle, indispensable pour une traite de
qualité
è Un manchon inadapté
à la taille des trayons entraîne la formation d’une bague
autour du trayon à la base de la mamelle (anneau de
compression)
è Une griffe de
capacité insuffisante, un diamètre des tuyaux à lait
insuffisant, un diamètre et une pente de lactoduc incorrects
entraînent un engorgement responsable de variation de vide
lors de la traite
Les problèmes liés à l’entretien de la machine et les
conséquences :
è un régulateur
encrassé peut entraîner une modification du niveau de vide
è des tuyaux à lait,
un lactoduc ou une chambre de réception défectueux, un piège
sanitaire mal nettoyé, altèrent la qualité bactériologique
du lait
è des tuyaux de
pulsation défectueux modifient les phases de massages et
succions.
Tous ces anomalies liées à un défaut de réglage ou
d’entretien de la machine ou encore d’une mauvaise
utilisation de la machine peuvent détériorer les défenses
naturelles de la mamelle et favoriser l’apparition de
mammites.
Vérifier l’installation tous les ans
Une machine à traire tourne 800 à 1 000 heures par an.
Même bien conçue, elle peut se dérégler comme toute
mécanique en fonctionnement. Pour une bonne prévention des
problèmes de qualité du lait et sanitaire, il est vivement
recommandé de contrôler l’installation une fois par an par
un agent agréé " OPTI traite ". Il est également recommandé
de nettoyer le régulateur 2 à 3 fois par an, de changer les
manchons régulièrement (toutes les 2 600 à 2 800 traites),
les tuyaux à lait tous les 2 ans et les tuyaux de pulsation
dès qu’ils se craquellent. Enfin, il est nécessaire de
regarder régulièrement l’état des raccords des tuyauteries
et du piège sanitaire. Dans le cas d’une traite en pot
trayeur, mieux vaut laver régulièrement la canalisation du
vide.
" OPTI traite " est un contrôle des
machines à traire réalisé selon un protocole précis mis au
point par l'Institut de l'Elevage. C'est la garantie d'un
travail effectué exclusivement par un agent agréé. La
méthode OPTI traite est adaptée à tous les types
d'installations, du pot à terre à la salle de traite la plus
sophistiquée, et à toutes les espèces (bovins, caprins,
ovins).
Le contrôle consiste à un examen visuel
et à un relevé de mesures qui permettent de passer en détail
l’état et le fonctionnement de l’ensemble des composantes
des machines à traire. A l'issue du contrôle, un bilan
global est remis à l'éleveur avec un commentaire sur les
améliorations à apporter qu’il est indispensable de réaliser
au plus tôt. Une vignette officielle est apposée sur
l'installation. Elle seule garantit la réalisation d’un
contrôle agréé.
Dans la région Midi-Pyrénées, des agent des E.D.E. et des
Chambres d’Agriculture ainsi que des agents travaillant pour
des concessionnaires sont agréés et peuvent intervenir sur
leur département ou un département voisin de Midi-Pyrénées.
" Dans le Tarn, seulement un tiers des installations sont
contrôlées ", rappelle Serge Albinet ; " Compte tenu de
l’importance de la machine à traire sur la qualité du lait,
c’est insuffisant. Il faudrait que tous les éleveurs le
fassent. D’ailleurs, certaines laiteries donnent des aides
pour effectuer le contrôle régulièrement. "
Propos recueillis par Jérôme VAQUIER
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Liste des
installateurs agréés sur le Tarn
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Marque |
Concessionnaire |
Agent agréé |
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De Laval
Gascoigne
Packo Fulwood
Boumatic |
Ets Baldi – Saint
Juéry Serep - Soual
Ets Oulmière - Castres
Ets Foulquier – Le Sequestre
Ets Icart – Carbonne Réalmont |
Massié Dominique
Carrière David
Imart Christian
Fabre Christian
Holmière Bernard |
Il faut ajouter à
cette liste tous les concessionnaires des départements
voisins intervenant sur le Tarn
Le
témoignage
d’un producteur de lait à Marssac :
Christophe Lecourt |
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Pas de petites
économies pour l’entretien de la salle de traite…
Avec une
installation de traite au coût très raisonnable, le GAEC
Delcourt obtient des résultats très satisfaisants au
contrôle laitier. Sa recette ? Le contrôle de la machine à
traire chaque année, l’hygiène et la surveillance des bêtes.
Entretien avec Christophe Delcourt.
Christophe
Delcourt élève une trentaine de vaches laitières de race
Prim’Holstein sur la commune de Marssac depuis 1994. " Dès
que je me suis installé sur l’exploitation, j’ai fait
contrôler la machine à traire, pour éviter les mauvaises
surprises, " se rappelle Christophe Delcourt. " J’ai changé
la machine en 1995 et depuis 1996, je fais contrôler
l’installation chaque année, au mois de septembre, juste
avant les mois d’octobre, novembre et décembre, quand le
prix du lait est le plus haut… "
" Chaque année,
je change les manchons ; je remplace les tuyaux à lait tous
les deux ou trois ans et les tuyaux de pulsation tous les
trois ou quatre ans, cela dépend de l’état d’usure des
pièces. Mais quelles que soient les pièces à changer, je
remplace toujours les pièces usagées par des pièces de
marque. Et au moindre problème pour du matériel spécifique,
je contacte directement le concessionnaire. Je pense qu’on
ne doit pas faire de petites économies pour la salle de
traite. Une anomalie sur la machine peut faire très mal au
niveau de la qualité du lait et on a vite fait de perdre de
l’argent… En ce qui me concerne, le contrôle me coûte chaque
année environ 700 F TTC et la coopérative me rembourse 80 %
de la dépense. Avec la TVA en moins, cela ne me coûte pas
beaucoup et j’ai de bons résultats sur la qualité du lait. "
" La qualité,
c’est un tout "
Si la
surveillance et l’entretien de la machine à traire sont
nécessaires pour avoir de bons résultats techniques (voir
notre encadré), ce n’est pas suffisant. " La qualité, c’est
un tout. En particulier, je fais très attention à la
propreté des vaches avant, pendant et après la traite. Pour
la traite, j’utilise des lavettes individuelles pour
nettoyer le pis, je tire les premiers jets dans un bol à
fond noir pour les quatre trayons et à la sortie, je
n’oublie pas le trempage à l’iode des trayons. Si une vache
a une mammite, je trempe la griffe dans de l’eau de javel
après la traite et je recommence l’opération avec cette
vache à chaque traite, tant que je n’ai pas reçu la fiche de
résultats " cellules " qui prouve que la mammite a disparu."
" Je peux dire
que je prends mon temps pour la traite ; il me faut environ
vint minutes pour passer une bande de 8 vaches, soit une
bonne heure pour tout le troupeau.
Après la traite,
il faut environ vingt minutes pour que les sphincters des
trayons ne se referment ; alors pour éviter que les vaches
se couchent après la traite avec le risque d’infection que
cela suppose, je distribue l’aliment juste avant la traite
afin que les vaches retournent manger avant de se coucher. "
Un paillage
régulier des litières, un rabotage de la stabulation tous
les deux jours pendant l’hiver, une bonne organisation de la
traite et… un contrôle régulier de la machine à traire,
voilà la méthode de Christophe Delcourt pour éviter les
mauvaises surprises et obtenir de bons résultats au contrôle
laitier.
Jérôme VAQUIER
Le GAEC Delcourt
en bref
Main d’œuvre : 2
UTH (2 frères)
SAU = 70 ha
(terres et bâtiments en location)
28 vaches
laitières, 220 000 litres de quotas
Salle de traite :
deux fois 4 postes avec décrochage automatique
Résultats
techniques contrôle laitier 2000 :
Production
moyenne par vache = 8 200 litres
TP = 32,4
TB = 42,4
Cellules = 88 %
du lait livré en super A
Germes = 100 % du
lait livré en super A
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