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Assolement et nouveaux semis : comment s'adapter ?
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Introduction
Après des petites récoltes de céréales, les
récoltes d'été s'accélèrent, avec 15 jours à trois semaines
d'avance pour les tournesols et les sorghos, avec des
ensilages de maïs souvent non prévus... et déjà il faut bien
penser aux lendemains : travail du sol ... semis de colza et
autres petites graines ... semis de céréales et
protéagineux... avec des conditions de réalisation qui
semblent impossibles pour l'instant, et la tentation de
remettre en cause certains itinéraires techniques.
Du jamais vu qui incite :
-
à la retenue : on ne va pas pour autant
changer l'orientation des productions,
-
à la prudence : il faut malgré tout
adapter les objectifs et les techniques aux caprices du
climat
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Eviter
de bouleverser les assolements
o Changer d'orientation
peut avoir des conséquences plus graves au niveau de
l'exploitation (niveau d'endettement, trésorerie, risques
techniques) et au niveau de l'économie régionale (appro,
collecte ...)
o Les écarts climatiques ne
sont pas nouveaux, même s'ils sont exacerbés cette année. Il
y aura toujours un été et toujours un hiver, des sols plus
sensibles à la sécheresse que d'autres et des zones plus
gélives que d'autres.
o Avec l'expérience
actuelle, il sera donc toujours préférable de partager les
risques :
En zone céréalière, la céréale à pailles aura une
place préférentielle avant ou après un colza ou une
culture d'été, soit aux alentours de 40 à 50 % de la
sole. Il faudra toujours éviter de cultiver deux blés
deux années de suite.
Le colza est adapté à certains sols (les
argilo-calcaires et les limons profonds) et si vous
maîtrisez bien la mise en place de la culture, pourquoi
ne pas continuer... sauf si la sécheresse porte à trop
tard les semis (voir §)
Les prairies et les porte-graines fourragères sont
une opportunité dans la rotation. Il faut profiter de la
fin d'été pour les implanter
Là ou l'irrigation est présente et rendue
nécessaire, peut-être sera-t-il nécessaire de revoir le
choix des itinéraires techniques en cultures d'été ou
des types variétaux, si les réserves hydriques ne sont
pas en état en fin d'hiver ! Mais là, c'est trop tôt
pour le prévoir... en tous cas pas de manière à
chambouler les assolements.
Le sol
est le premier facteur de production : préservez-le !
o
La première consigne est d'éviter
le labour, pour deux raisons essentielles :
- La vie organique du
sol est fragile, surtout après une période aussi sèche
et le peu de résidus organiques laissés en surface, et
le labour dilue la matière organique présente entraînant
une diminution de la fertilité.
- Le labour crée une
discontinuité dans la porosité et particulièrement cette
année avec des mottes qui seront difficilement
réhumectées. Les semis de fin d'été (petites graines)
nécessitent une structure suffisamment fine et rappuyée
en surface pour lever rapidement et ne pas risquer de se
dessécher par la suite si les pluies sont insuffisantes.
Les semis de céréales aiment les sols rappuyés; un sol
soufflé s'engorgera trop vite des pluies de l'automne.
Seuls les semis de protéagineux aiment les sols profonds
et draînants, donc ameublis profondément.
o
Après une culture normalement
implantée, la sécheresse a dû favoriser un éclatement
suffisant du sol qui ne nécessite donc pas un travail en
profondeur. Seul un travail de surface, voire un semis
direct suffira pour implanter une culture en fin d'été
(colza, prairie, culture intermédiaire) ou une céréale à
l'automne.
o
Limites au travail
superficiel :
- Si le sol a été
compacté cet hiver (semis tardifs en conditions humides,
mauvaise implantation de la céréale...), alors il faudra
effectuer un minimum d'éclatement (avec outil à dents)
avant tout travail de surface.
- Le salissement
potentiel : le potentiel de levées d'adventices (non
encore levées du fait de la sécheresse) est fonction du
salissement (non maîtrisé) des deux dernières années
culturales. Un petit labour peut alors limiter ce
salissement... mais aussi la technique du faux-semis si
les conditions climatiques s'y prêtent (voir plus loin)
!
- La rémanence des
herbicides : passés 5 à 6 mois, on peut considérer qu'il
n'y a plus de risques, sauf avec les herbicides
racinaires rémanents comme Allié ou Scoop, utilisés à
forte dose, s'il n'y a pas de travail profond pour
implanter un colza ou une légumineuse en fin d'été. Avec
la sécheresse prononcée, il y a peut-être des risques
supplémentaires avec les nouvelles sulfonylurées
utilisées sur céréales (Archipel, Absolu, Hussar-of)
pour des implantations de ray-grass et trèfles, de même
avec les sulfonylurées utilisées sur maïs (Mikado,
Milagro...?). Prudence oblige : soit on fait alors un
petit labour, soit on retarde l'implantation après des
pluies suffisamment importantes. Un test de levée avec
avoine et radis (plantes très sensibles aux herbicides)
peut aussi être effectué.
o Quand travailler le
sol ?
Attendre un minimum d'humectation pour assurer une
pénétration des outils et éviter un dessèchement de toute la
profondeur travaillée. Actuellement, 20 mm de pluies
semblent un minimum pour un travail très superficiel.
Objectif : conserver les premiers centimètres encore
frais sous le lit de semence après le semis. La culture
pourra alors développer ses premières racines et résister à
une nouvelle période sèche.
o Cas du semis direct :
Les outils de semis direct positionnent la graine dans un
sillon. En présence d'un mulch organique, la graine risque
d'être positionnée en zone difficilement réhumectée. Il faut
jouer alors sur la profondeur (adaptée à la taille de la
graine) ou mieux sur le tassement de la ligne de semis.
Sur un sol refermé par la sécheresse, il sera préférable de
" mulcher " le sol auparavant avec un outil de travail
(très) superficiel afin d'assurer un meilleur contact
graines/agrégats de terre
L'entretien de
l'interculture ... interventions à vue
Avec la sécheresse, peu de salissement des intercultures,
- Sauf... ! ... le chiendent qui profite bien
de la place laissée. Et là, il est facile, tant qu'il
n'y a pas eu de pluies, de repérer les zones enherbées
et de les détruire au glyphosate à la "bonne" dose (2
160g de matière active en formulation avec surfactant
dans 200 l d'eau par hectare).
- Et les annuelles ? Tant qu'il ne pleut pas,
pas de risques ! Après un épisode pluvieux, suivi d'un
travail superficiel, très vite, la nature va reprendre
ses droits. Il faudra attendre alors le reverdissement :
une quinzaine de jours et au mieux la veille du semis,
pour effectuer un déserherbage chimique (dose adaptée
selon présence de graminées ou de dicots), ou une ultime
reprise mécanique.
- Mesurez les risques selon les parcelles :
avec la sécheresse, peu de salissement au printemps,
mais rappelez-vous des salissements antérieurs !
Semis des
petites graines
- Colza et graines fourragères : semis idéal
avant le 15 septembre... mais toujours possibles
jusqu'au début octobre : Etre prêt mais ne pas se
précipiter : penser au développement rapide attendu du
système racinaire qui est très dépendant de la structure
du sol et de l'état d'humectation.
- Penser aux "petites bêtes" : dès le semis,
les limaces seront peut-être de retour ! C'est leur
période de multiplication et la sécheresse ne les a pas
détruites. Avec un peu d'humidité et très peu à manger,
elles trouveront vite les jeunes semis.
Semis
des céréales
Rien de changé dans les stratégies, ni même les choix
variétaux, même si les résultats de cette année n'ont pas
été toujours concluants.
Les densités faibles pour les semis faits dans les temps
ont encore une fois été les plus payantes
Rappel des périodes de semis préconisées :
- zone d'altitude (800 à 600 m) : de fin septembre à
15 octobre avec des variétés de type hiver,
- zone de piémont (600 à 300 m) : du début à fin
octobre ... risques de gels pour semis après le 10
novembre,
- zone de plaines et coteaux : dès le 15 octobre
(coteaux nord et sols argileux) ou 25 octobre (autres
situations) et jusqu'au 10 novembre pour des variétés de
type hiver ... pas avant la 1ère quinzaine de novembre
pour des variétés alternatives. Passé le 10 novembre,
les risques de conditions humides, et donc de mauvaises
implantations, sont toujours plus importants :
attention, donc, aux options faites sur des variétés
améliorantes souvent de type alternatives à printemps...
partagez les risques en fonction des dates de semis
possibles.
Ne tenez pas compte de l’interprétation agronomique
donnée par le laboratoire, mais utilisez
la
fiche de conseil suivante
réalisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et de l’ITCF
Sud-Ouest.
Semis des
protéagineux
Des leçons de l'an passé
(mais connues depuis longtemps !) :
Sols humides à exclure.
Travail du sol suffisamment profond pour assurer
l'implantation rapide des pivots... Sols acides pour les
lupins... Sols limoneux ou argilo-calcaires pour les
féveroles ou les pois
- Lupins d'hiver à semer
tôt (avant la fin octobre) pour avoir un pivot déjà
développé avant les premières gelées
- Féveroles d'hiver à
semer dès le début novembre
- Pois d'hiver à ne pas
semer avant le 10 décembre ! Pour ne pas risquer des
nécroses de gel et bactérioses sur tig
Gérard BLONDEL - Chambre d'Agriculture
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