PLANTATION
- préférer un sol
drainant;
- éviter les parcelles ayant eu des attaques importantes de pourriture
blanche ou de nématodes;
- choisir une parcelle n'ayant pas eu d'ail ou d'allium pendant 3 à 5
ans, voire plus si possible;
- éviter le précédent luzerne;
- éviter les parcelles présentant des risques de phytotoxicité pour
l'ail, en particulier en cas de non labour;
- préférer les parcelles ayant un faible salissement et sans chardon,
prêle ou liseron.
| Rappel |
Raisonner sur toute
la rotation : la gestion du salissement et la fumure (organique
et/ou minérale) |
- Sélectionner des semences saines :
exemptes de maladies (pourriture blanche, suie du bulbe, ...), de
ravageurs (nématodes, d'acariens, ...);
- Eliminer les grains « blessés » (coupés, ...) et éviter toute
blessure dans la manipulation des grains jusqu'à la mise en terre (égrenage
/ enrobage / plantation);
- Eliminer les caïeux doubles ou multiples;
- Regrouper les caïeux par calibre homogène.
- Les
principaux produits autorisés :
| Matière
active |
Spécialités
commerciales |
Dose
de Spécialité commerciale autorisée |
Observations
/ Risques et toxicologie |
| diéthofencarbe
+ carbendazime |
SUMICO
L |
0.5
l/q |
R40 -
Xn |
| iprodione |
ROVRAL |
300
g/q |
Aqua
-R40 - Xn |
| prochloraze |
OCTAVE |
300
g/q |
SC |
| procymidone |
SUMISCLEX
/ SUMISCLEX liquide
KIMONO / KIMONO PM
DOLBIPROMIDI + |
300
g/q ou 0.30 l/q |
Dose
maxi conseillée : 250 g/q ou 0.25 l/q
Non autorisé dans la démarche Label Rouge
SC |
| vinchlozoline |
RONILAN
DF / RONILAN FL
VAINCLO + |
300
g/q ou 0.30 l/q |
R62 -
R40 - R43 - R63 - Xn - Xi |
SC : Sans Classement
- Méthodes de traitement des caïeux :
|
Par enrobage dans une bétonnière
|
Mettre
les caïeux dans la bétonnière et la dose de produit correspondante.
Mélanger à sec puis ajouter 1 litre d'eau pour 100 kg de caïeux et
mélanger à nouveau. Faire sécher rapidement les caïeux par
ventilation dynamique ou en les étalant.
NB : l'intérieur de la bétonnière doit être aménagé afin
de ne pas blesser les gousses.
|
|
Par trempage
|
100 kg de caïeux retiennent 4 litres d'eau en moyenne (à vérifier
lors de chaque utilisation pour réajuster les doses).
Préparez votre
bouillie à la bonne concentration, dans un bac suffisamment grand
pour immerger totalement les sacs de caïeux à traiter. Bien mélanger
la bouillie avant le trempage. Plonger le sac dans le bac jusqu'à ce
qu'il soit totalement recouvert en brassant pour que la bouillie pénètre
bien.
Temps de trempage : 15 minutes. Retirer le sac et le mettre à
égoutter sur un plan incliné au dessus du bac pour récupérer la
bouillie non fixée par les caïeux. Sécher les caïeux rapidement.
|
Lorsque les caïeux sont prêts (triés, calibrés
et traités), ils doivent être plantés le plus rapidement possible.
Si les conditions climatiques ne le permettent pas, ils doivent être
stockés dans un endroit sec et aéré ou ventilé, étalés sur une
surface plane. Ne pas les garder en masse.
Les conditions de plantation sont essentielles
pour assurer une bonne récolte:
- bon réglage de la planteuse (adapter la densité de plantation
au calibre des caïeux, ...);
- sol bien préparé, sans motte pour favoriser un bon «
enrobage » du caïeu par la terre et limiter le développement du
penicillium (pourriture verte);
- densité de plantation régulière (vitesse lente et adaptation
des réglages à la parcelle);
- bonne couverture des grains avec une profondeur de semis la
plus régulière possible : 4 à 5 cm de terre au-dessus du grain.
| Rappel |
-
un semis trop profond entraîne des pertes de rendement;
- un semis trop superficiel favorise le développement des
maladies, les pertes à la levée et un mauvais enracinement.
L'ail a besoin d'eau dans les 2 semaines qui
suivent la plantation ; en cas d'hiver sec, il est préférable
d'amener 20 mm d'eau si c'est possible pour limiter le développement
de penicillium (pourriture verte).
|
FERTILISATION
Bien qu'intéressants dans la rotation, les
apports de fumier ne doivent pas être faits l'année de
l'implantation de l'ail, ni l'année précédente pour limiter les
risques sanitaires et éviter les a-coups de végétation dus aux libérations
d'azote irrégulières (le fumier libère son azote en fonction du
climat, les périodes favorables ne correspondent que très rarement
aux besoins de l'ail).
Les à-coups de végétation peuvent favoriser
les anomalies physiologiques (balayettes, ailles, …) et le développement
de certaines maladies (café au lait, …).
L'apport d'azote doit être étalé sur 2 ou 3
passages avant fin mars (ou stade 6 feuilles de l'ail).
Doses à adapter en fonction de la densité de
plantation, du précédent cultural, de la parcelle et de la variété
:
| |
N
|
P
|
K
|
| Ail
Rose
|
de 50
à 80 U
Ne pas dépasser 100 U |
de 40
à 100 U
|
de 80
à 150 U
|
| Ail
blanc ou violet
|
100
à 150 U
|
de
100 à 150 U
|
de
100 à 200 U
|
Préférer les engrais complets soufrés.
Eviter les engrais chlorés.
Eviter les apports d'azote seul, de type
ammonitrate pour éviter les effets « coup de fouet » favorisant les
anomalies physiologiques (fils, ailles, ...) et les maladies comme le
café au lait.
DESHERBAGE
Désherbage mécanique : binage sur sol
bien ressuyé en cours d'hiver. Ne pas faire de binage mécanique trop
tardif pour ne pas abîmer les racines de l'ail.
Désherbage chimique : les principales spécialités
commerciales sont :
| Matière
active
|
Spécialités
commerciales
|
Dose
de spécialité commerciale autorisée
|
Risques
et toxicologie
|
| aclonifen
|
CHALLENGE
600
SATURNE
|
4.5
l/ha
|
Aqua
- SC
|
| isoxaben
|
CENT
7
ISOGAME +
|
2
l/ha
|
SC
|
| pendiméthaline
|
PROWL
400
FORKA
|
3.3
l/ha
|
Aqua
- SC
|
SC : Sans Classement
Ce sont des herbicides de postplantation, prélevée
de l'ail. Ces herbicides ont un mode de pénétration par les
organes souterrains [graine en végétation, racines, jeunes tiges
(dicotylédones), coléoptile (graminées)] avant qu'ils émergent du
sol. Ils sont couramment appelés "herbicides racinaires" et
doivent être appliqués avant la levée des adventices. L'humidité
du sol conditionne la bonne efficacité de ces herbicides.
PRODUITS
PHYTOSANITAIRES
(Arrêté du 13 mars 2006 relatif à
l'utilisation des mélanges extemporanés de produits visés à
l'article L. 253-1 du code rural, JO 05/04/06)
Est interdite l'utilisation de mélanges
extemporanés de produits ayant les caractéristiques suivantes :
- au moins 1 produit étiqueté T (Toxique) ou T+ (Très
toxique)
- 2 produits comportant
une des phrases de risque R40 ou R68
- 2 produits comportant la
phrase de risque R48
- 2 produits comportant une des
phrases de risque R62 ou R63 ou R64
- 2 au moins un produit dont la
ZNT est > 100 m
Rappel de quelques bonnes pratiques
- Utiliser
uniquement des produits homologués pour l'usage considéré (culture,
maladie, ravageur, …).
- Ne pas dépasser la dose
maximale autorisée de chaque produit ou le nombre maximal
d'applications autorisé par campagne.
- Avant d'utiliser un adjuvant, vérifier qu'il est bien
autorisé dans ces conditions (usage, culture, produits, …).
- Prendre en compte les restrictions d'emploi précisées pour
chaque produit : port du masque, ZNT, délai de ré-rentrée,
conditions climatiques, …
- Respecter les délais d'emploi
avant récolte. Si l'étiquette du produit ne mentionne aucun délai
d'emploi avant récolte, il est fixé à 3 jours.
- Délai de ré-rentrée : si l'étiquette du produit ne
mentionne aucun délai de ré-rentrée, ce délai est de 6 heures dans
le cas général, 24 heures pour un produit irritant pour les yeux ou
la peau (R36, R38 ou R41) et 48 h pour les produits sensibilisants
(R42 ou R 43).
NB : les produits utilisés en traitement des semences ne sont pas
concernés, ni les produits bénéficiant de la mention "emploi
autorisé dans les jardins".
- Ne pas traiter si le vent a un degré d'intensité supérieur
à 3 sur l'échelle de Beaufort*, pour éviter tout entraînement des
produits en dehors des parcelles ou des zones traitées.
* niveau 3 sur l'échelle de Beaufort : petite brise, vitesse
moyenne du vent de 12 à 19 km/h, les drapeaux légers se déploient,
les feuilles et les rameaux sont sans cesse agités.
|
 |
LE
POINT SUR QUELQUES MALADIES, RAVAGEURS ET PROBLEMES PHYSIOLOGIQUES
- La
pourriture blanche ou « gamme » : due à un champignon
(Sclerotium cepivorum)
Maladie fongique à foyer, dont les sclérotes persistent plusieurs
années sur une même parcelle. Les dégâts peuvent s'observer durant
toute la végétation, mais principalement dans les semaines précédant
la maturité des bulbes.
Symptômes : feutrage blanc au collet et sur les bulbes en culture,
jaunissement des feuilles de la base, présence de sclérotes noires
sphériques sur les bulbes.
Lutte : rotation longue et traitement des semences par enrobage.
- La
pourriture verte : maladie fongique due au penicillium.
Il s'agit d'un parasite de faiblesse, toutes les techniques permettant
le développement rapide de la plante, gênent le développement de ce
champignon. Cette pourriture s'observe principalement en condition sèche,
à la germination sur des caïeux mal recouverts. Elle se rencontre
aussi en conservation, mais elle est en général secondaire.
Symptômes : feutrage bleu-vert sur les caïeux, pouvant atteindre les
points germinatifs et gêner la croissance de la plante, voire entraîner
sa destruction.
Lutte : traitement des semences par enrobage, plantation soigneuse
avec des grains bien recouverts par 4 cm de terre environ et sol bien
préparé, sans motte.
Aceria
tulipae est un ériophyide spécifique des Liliacés (ail, oignon,
poireau, tulipe).
Il se situe en végétation sur le feuillage, en particulier à la
base des feuilles (milieu confiné) et en conservation sous
l'enveloppe des caïeux.
Conditions optimales de développement : 25 °C
avec une hygrométrie de 80 à 95 %. Aceria
tulipae a une très bonne fécondité et une très grande vitesse de développement,
ce qui explique les dégâts importants constatés en conservation
lorsque les conditions sont favorables à partir de septembre-octobre.
Symptômes :
- en végétation : taches foliaires jaunes cireuses,
- en conservation : pellicule ocre sur la chair des caïeux et flétrissement,
dessèchement des gousses à l'intérieur de leur enveloppe, du aux prélèvements
nourriciers des acariens.
NB : le décollement des tuniques n'est pas toujours imputable aux
acariens.
 |
 |
 |
 |
 |
| symptômes
sur bulbes |
symptômes
sur gousses |
acariens
sur gousse
(vue
à la
loupe binoculaire) |
Lutte : il n'existe pas
de traitement en végétation. Traitement des semences en thermothérapie.
Mesures préventives : semences saines, bonne préparation du sol avant
plantation (structure fine et légère), humidité prolongée du sol à la
plantation, récolter en fanes, limiter le plus possible les chocs à la récolte
(limiter les manipulations, atténuer avec des systèmes de mousses, bâches,
...).
| Facteurs favorisant le
développement d'A. tulipae |
Facteurs limitant le
développement d'A. tulipae |
- milieux confinés avec
une forte humidité relative
- forte densité de plantation de l'ail (dispersion par
contact foliaire principalement)
- chocs et blessures sur bulbes (dus à la mécanisation et
à la multiplication des manipulations)
- variétés à feuillage en V proposant un milieu confiné,
type Rose de Lautrec
- équeutage
- humidité
- stockage en masse |
- sécheresse ou faible
humidité relative
- humidité prolongée
du sol à la plantation
- variétés à feuillage en U ou plat (type ail blanc,
printanor, …)
- stockage en fanes à la barre
- limitation des manipulations et des chocs
- séchage rapide de l'ail |
Aucun produit ne permet de lutter
contre cet acarien
Il s'agit d'un lépidoptère de la famille des
Cossidae, communément appelé « petite marbrure ».
Aire de répartition : zone méditerranéenne.
Hôtes : Dyspessa ulula a pour hôte préférentiel l'ail, mais peut aussi
attaquer d'autres liliacées (oignon, poireau, ...).
Description :
- papillon : envergure de 2.2 à 2.5 cm, longueur de 1.4 à 1.6 cm. Vol crépusculaire.
- larve, chenille : de 2.2 à 2.5 cm au stade final. Couleur rose à
rouge, dessus et blanc-jaune
dessous.
Dégâts : ils peuvent avoir lieu, soit au champ, soit en cours de
conservation. Dans ce cas, une ou plusieurs chenilles investissent un
bulbe et se nourrissent de la chair des caïeux formant une
"sciure". Les chenilles migrent ensuite dans le sol où elles
passent l'hiver.
 |
 |
 |
| Papillon |
Dégâts
sur bulbe |
Chenille |
Lutte : aucune méthode
de lutte connue à ce jour.
Il s'agit d'une maladie due à un champignon.
Symptômes : apparition de taches noires sur les tuniques externes du
bulbe, en conservation principalement, et possibilité de destruction des
tuniques.
Conditions favorables : conditions humides avant la récolte,
séchage lent avec faible aération ou hygrométrie élevée. 25 °C est
la température la plus favorable au développement du champignon.
Lutte : séchage rapide et total des bulbes, récolte à maturité.
Il ne s'agit pas d'une maladie mais d'un problème
physiologique.
Symptômes : décoloration jaune des caïeux pouvant virer au brun. La
surface a un aspect huileux, cireux, collant, gluant. Une forte odeur
caractéristique se dégage des bulbes atteints. Les symptômes
n'apparaissent qu'en conservation et semblent ne pas évoluer après
septembre.
Causes : ces symptômes sont dus à un désordre
physiologique qui serait favorisé par de fortes températures avant la récolte.
Des carences en oligo-éléments pourraient également favoriser ce phénomène.
Il y a absence de pathogène. De mauvaises conditions de stockage semblent
également favoriser ce problème (mauvaise aération, ...).
Sensibilité : les variétés alternatives seraient moins sensibles.